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La Business Intelligence de demain aura la smart attitude

Mieux piloter pour mieux décider. Les outils décisionnels ont le vent en poupe à chaque strate de l’entreprise. Mais à l’heure où rapidité, flexibilité et contraintes budgétaires priment, les exigences s’affirment : il faut savoir faire plus avec moins et mieux, et désormais en toute sécurité.

Temps réel, appliances mixtes et in-memory, gestion de référentiels, modules et fonctionnalités orientées utilisateur final, mobilité et nomadicité, traçabilité et sécurisation des processus… Revue des tendances pour optimiser le monde de la Business Intelligence.

Le temps réel appliqué à la Business Intelligence

Autrefois mensuelle et hebdomadaire, la fréquence de rafraîchissement des systèmes décisionnels est désormais quotidienne. Dans le même temps, les outils de reporting démontrent leur capacité à se substituer aux dispositifs traditionnels pour générer des rapports sur les applications.

Répliquer, synchroniser les données pour effectuer analyse et reporting en temps réel provoque l’avènement d’outils et de solutions mixtes. Leur mission : autoriser une utilisation hybride des outils décisionnels, pour capter et accéder à la fois aux bases de données de pilotage ainsi qu’aux données opérationnelles et de production.

D’une logique pull, on passe à une logique push : la captation des données sur l’application source peut se faire en temps réel, puis être répliquée sur un système cible, lequel devient à la fois un outil de reporting et la source de construction d’agrégats orientés décisionnel. A cette fin, les technologies non intrusives impactant faiblement les performances systèmes peuvent s’allier aux appliances Business Intelligence (couple logiciel et matériel destiné à fournir de hautes performances en stockage et en rapidité de restitution des données) pour assurer une gestion de bout en bout des services.

La gestion de référentiels pour apporter cohérence et qualité aux données

La gestion des données est capitale et déjà l’une des fonctions primordiales des Directions Informatique au sein des entreprises : garantir la qualité des données circulant au sein du système d’information, et plus particulièrement du système décisionnel, est vital.

Avec l’arrivée de modules de gestion des données référentielles et de gestion de qualité de données (data quality), la mise au point d’une codification unique permet de réconcilier et de consolider l’information. Le but : disposer d’un outil pour gérer des références croisées et de solutions de normalisation des données. Associées à la gestion de la qualité des données, ces solutions appelées Master Data Management permettent de mettre en œuvre un cercle vertueux d’amélioration constante des données de référence depuis le back-office jusqu’à son exploitation décisionnelle.

Des outils mash-up au service de l’utilisateur

Avec les agrégateurs et les simplificateurs de vie digitale, le particulier a déjà l’habitude de construire son propre tableau de bord. Texte, pilotage décisionnel, tableaux de bord, applicatifs… Les outils frontaux de Business Intelligence doivent s’intégrer à une interface Web pour donner accès à des modules d’analyse, de reporting et de dashboarding.

Avec ces nouveaux objets intelligents, chacun pourra construire et personnaliser sa solution selon sa consommation et sa propre logique business. Mieux : via des mécanismes de recherche de proximité, les objets intelligents composant l’interface seront capables d’interagir entre eux et les systèmes comprendront intuitivement l’utilisation des modules pour proposer un espace de travail s’adaptant à la récurrence des besoins.

La révolution dans la consommation de l’information

Le monde de la Business Intelligence implique peu de saisie : il s’agit surtout de visualiser analyses, reporting et tableaux de bords. L’écran des smartphones est trop restreint pour consommer des quantités d’informations conséquentes ; avec les tablettes numériques, la révolution est en marche.

Emergence de solutions « mash-up », accès à l’information en temps réel, nomadicité grandissante des utilisateurs… En tirant partie des fonctionnalités de mobilité et des capacités propres des nouveaux terminaux, la consommation de l’information de Business Intelligence et l’accès à un environnement de travail personnalisé seront bientôt possibles en tout lieu et à tout moment. Le concept d’Information Anywhere tant annoncé est à portée de main

L’émergence de services de convoi de données, conséquence de la révolution de la Business Intelligence

Cloud computing, solutions SaaS, travail collaboratif 2.0… Avec l’éclatement des systèmes d’hébergement, on assiste à un éparpillement des données et à une dispersion d’informations sensibles sans précédent. Pour que la Business Intelligence connaisse la révolution qu’elle mérite et que les tendances d’aujourd’hui deviennent la réalité de demain, il est nécessaire d’assurer la traçabilité et la sécurisation des données.

L’idée : la mise au point d’un service de convoyage de données de bout en bout pour assurer le bon acheminement et la traçabilité des données depuis le système source jusqu’au système cible, ainsi que la sécurisation de l’ensemble des processus. La dernière étape pour garantir à la Business Intelligence d’avoir la « smart attitude », à l’image d’outils d’aide à la décision et de création de reporting toujours plus intelligents.

Cadran magique, boussole d’or ou roue de la fortune ?

Nous sommes tous familiers du « Magic Quadrant » du Gartner Group qui régulièrement positionne les offres des éditeurs selon une habile échelle qui « comme à l’école des fans » permet à chacun d’expliquer que tout le monde a gagné.

Les petits éditeurs sont des valeurs qui montent et qui existent puisque telle une déclaration que n’aurait pas reniée Sartre « j’existe puisque je suis dans le Cadran magique ».

Les poids lourds ont comme principal enjeu tels des Tryphon Tournesol de se trouver les plus au Nord-Est du cadran et surtout les plus détachés de toute âme à proximité.

Je me suis amusé à suivre l’évolution de ce jeu de marelle sur  5 ans, que constate t’on ? :

Au même titre que les marchés automobiles, sidérurgiques, textiles ou pharmaceutiques, les leaders d’il y a 5 ans sont devenus de plus en plus gros, de plus en plus pérennes, ont croqué les petits, les moyens puis se sont mangés entre eux pour devenir incontournables. On appelle cela une maturité de marché, une rationalisation de « l’industrie » du logiciel. Ces nouveaux Tycoons proposent désormais de larges gammes de produits depuis l’utilitaire jusqu’à la berline de luxe en passant par la low cost et la luxueuse ostentatoire.

Quelle place reste t’il aux émergents ? La même stratégie que pour tout acteur de petite taille positionné sur une industrie mature : « faire différent ». Dans l’industrie logicielle cela se traduit par mieux, plus performant, plus pertinent, plus innovant, plus agile ou moins cher. On constate dans ces mêmes cadrans l’entrée-sortie de nombreux éditeurs qui soit se sont fait croquer par l’appétit féroce des mastodontes soit ont disparu corps et biens dans la cohorte des éditeurs qui comme au cinéma ou dans la musique « n’ont pas trouvé leur public ».

Les mutations des marchés déjà concentrés nous apportent cependant quelques enseignements qui vont à court ou moyen terme s’appliquer au marché de la Business Intelligence.

Au chapitre des points négatifs

  • Le consommateur voit ses choix se restreindre au sein de gammes éditeurs élargies,
  • Une politique de conquête cross référence se met en place dans une stratégie de captation maximale du client,
  • Les clients captifs (ERP & BI) voient leurs marges de négociation diminuées,
  • les politiques de prix sont dictées non pas par la valeur ajoutée du produit mais par la nécessité de rembourser les acquisitions en augmentant notamment les taux de maintenance,
  • Les éditeurs tentent d’aligner leurs prix avec la concurrence,
  • Les distributeurs voient leurs marges et territoires se réduire, ils sont préservés sur les seuls segments laissés à l’abandon par l’éditeur,
  • La réduction du nombre d’acteurs du CPM (Gestion de la performance) risque d’augmenter les coûts de licence de ces produits,
  • L’innovation n’est plus le moteur, elle passe après la rationalisation.

Les points positifs

  • Les contrôles de qualité et intégration logicielle sont améliorés,
  • Le support mutualisé est souvent de meilleure qualité et plus rigoureux,
  • Pour les clients prêts à accepter toute l’offre, des gains sont à attendre notamment sur les packages analytiques entre ERP et BI,
  • La tarification pour les grands clients peut réduire la BI à une « feature » d’une négociation globale licence incluant des licences ERP, Middleware, et bases de données réduisant drastiquement le coût de la licence utilisateur,
  • La concentration de gros acteurs peut favoriser l’apparition d’acteurs émergents détenteurs de technologies innovantes ou issus du monde libre,
  • Des éditeurs « low cost » vont tirer leur épingle du jeu avec l’émergence  notamment du monde libre  et  le renforcement de Microsoft.

En conclusion, on peut considérer qu’il ne reste plus que 5 grands éditeurs mondiaux dans le domaine de la BI dont SAS reste à ce jour le seul « pure player » global et indépendant. IBM, SAP et Oracle ont besoin de rembourser leurs acquisitions en maintenant un niveau de prix relativement élevé ce qui laisse un boulevard à Microsoft et à l’Open source pour maintenir des exercices de démocratisation en dynamitant le rapport coût/performance des infrastructures. Le Magic Quadrant ne risque-t’il pas demain de démontrer que la Business Intelligence est devenue une roue de la fortune à 5 cases occupées par des leaders bien décidés à  intégrer les clients et prospects dans une portion de leur camembert désormais devenu de la taille d’un Brie de Meaux ?

A vos posts pour en débattre.

Mémoires vives

Cette semaine, je me suis rendu compte que la plupart des Data Warehouses de mes clients pourraient tenir dans la mémoire flash de mon iPhone. Une idée saugrenue a priori, qui mérite pourtant de s’y arrêter quelques secondes.

Une des rares innovations perceptibles actuellement sur le marché consiste à proposer des bases de données « in memory ». Plus compactes, plus performantes, plus innovantes. QlikTech l’éditeur suédois dont tout le monde parle,  a bâti en partie son succès sur ce choix. Hormis Microsoft qui prépare sa propre riposte avec PowerPivot for Excel permettant de charger plus de 100 millions de lignes dans Excel, on peut considérer que la plupart des concurrents sont un peu à la traîne. Pourtant, ne pourrait-on pas imaginer faire tourner un SGBD classique totalement en mémoire ? Les technologies mémoires laissent déjà entrevoir le TeraOctet de RAM sous peu. Que restera-t’il dans ce cas aux appliances, serveurs avec racks de disques à fort coût de possession ? Une fois de plus les possibilités qui sont déjà proposées par la puissance des machines sont sous-exploitées par les logiciels qui sont sensés en tirer la substantifique moëlle. Mon iPhone est aujourd’hui plus puissant que le Cray 1 et que les supercalculateurs utilisés par le pentagone il y a une décennie, la technologie va révolutionner sous peu notre mode de consommation de l’information y compris pour du pilotage.

Puissance de calcul, volumétrie de données, mémoires vives à accès rapide vont peu à peu permettre de proposer des outils gorgés d’algorithmes de Data Mining qui faciliteront notre compréhension des données noyées dans la masse, ces technologies nous proposeront spontanément les scénarios les plus adaptés à nos modes de consommation et d’analyse de l’information, elles apprendront de nous en modélisant nos processus d’analyse, mémorisant nos recherches, nos centres d’intérêts, nos manies. La technologie n’a pas fini de nous surprendre tant les champs exploratoires sont encore vastes.

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